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Qu’ai-je fait pour mon continent, pour mon pays ? Quel destin pour le continent africain, pour notre pays le Congo, orienté vers l’abysse du néant ? Bientôt déjà un demi–siècle de pouvoir africain, le bilan apparaît désastreux sur tous les plans (politique, économique et social). Au début de ce 3ème millénaire, des pôles de croissance et de développement s’esquissent à l’échelle des continents. Cette reconfiguration planétaire trouve son accélération dans la mondialisation et la disparition de l’antagonisme des systèmes socio-économiques Est-Ouest.
La suprématie de la puissance américaine s’accentue, malgré l’ampleur de ses déficits. Elle se manifeste de façon spectaculaire par son rôle de gendarme du monde. Les activités militaires américaines sur la planète sont fortement motivées par le souci de sauvegarder ses intérêts stratégiques (géopolitiques, économiques, etc.). Les économies des pays occidentaux (Canada, Japon, Europe, Australie) fonctionnent étroitement avec l’économie américaine ; car leur niveau de développement est suffisamment comparable.
Le pôle européen vise dans l’avenir, contrebalancer la toute puissance américaine au niveau économique (nouvelles technologies dans des secteurs de plus en plus oligopolistiques). Sur le plan militaire, il compte combler son déficit sur les opérations d’envergure vers l’international. Pour cela, une meilleure coordination de son potentiel s’avère indispensable. La réalisation de ces objectifs, s’inscrit dans l’ambitieuse démarche de construction européenne. Comme nous le savons, elle a été initiée par des véritables hommes d’Etat soucieux de reconstruire une Europe meurtrie par la folie destructrice de 1940-1945. Depuis le traité de Rome (1957), la construction européenne a connu différentes étapes : restructuration économique et financière, élargissement à d’autres pays européens. L’enjeu actuel consiste à valider un grand espace politique, économique et financier.
Le continent asiatique redouble d’activité depuis le réveil de la Chine continentale. Avec son modèle « d’économie de marché socialiste », la Chine fait penser à un « pays continent » transformé en grand atelier. Ce « pays atelier » dispose de nombreux atouts. Il exploite outrancièrement les avantages concurrentiels à son profit, face aux autres économies émergeantes de la planète. Les répercussions sont indubitables sur ses structures internes et inéluctables au niveau de l’économie mondiale. L’Inde, son grand voisin, demeure un pays fortement contrasté. Un modèle de développement dans lequel se juxtaposent des structures visuellement archaïques à celles intégrant des technologies de haut niveau. Globalement, l’Inde conforte son rôle de grand laboratoire mondial dans le domaine chimique et pharmaceutique en particulier. Ce sont les activités de production fortement polluantes et dont les coûts et les risques sur l’environnement sont considérables. Bien entendu, le Japon continue à maintenir son rôle de leadership dans la recherche et les hautes technologies. Mais il relègue les applications standards dans les pays asiatiques à économies émergentes, dont la chine.
Et l’Afrique alors... RIEN. Disons plutôt, rien d’intéressant. A croire que ce continent est inexistant, malgré d’incontestables prouesses isolées. Au niveau mondial, l’évocation du continent africain fait automatiquement allusion à une série de maux :
- les endémies ; (paludisme, sida, ébola et autres) - le sous développement à l’état primaire (faible productivité, coexistence d’une économie dichotomique souvent antagonique, bas revenu par habitant, malnutrition et famine, etc.) - la mal gouvernance (crises institutionnelles, dilapidation des fonds publics, corruption, et autres facteurs clés d’inefficience) - luttes tribales ou régionales (utilisées comme moyen de conquête ou de conservation du pouvoir politique, résultat d’une dérive ethnocentriste).
En effet, l’envergure de tous ces maux entraîne la désolation, le néant, la mort sur le continent africain. Ainsi certains observateurs s’exclament ironiquement peut-être « le continent africain devient le grand cimetière d’une partie de l’humanité ». Tout ce constat pessimiste et funeste n’est pas nouveau. Mais son degré de gravité doit nous contraindre à réagir. Continuer à se complaindre dans l’inanité, se morfondre dans l’inaction devient suicidaire pour les Africains. Nous devons réagir intelligemment, en réactivant la réflexion au détriment d’instincts primitifs qui nous ont guidés.
Commençons tout simplement par nous interpeller ! Chaque africain, et en ce qui nous concerne chers compatriotes, chaque Congolais doit se poser la question suivante « Qu’ai-je fait pour mon pays ? ». Là encore, « le monologue auto-satisfaisant » risque d’éluder le véritable enjeu de la question. Pour cette raison, un interlocuteur s’avère indispensable pour ce jeu de rôle. Le plus indiqué est le peuple congolais. Dès cet instant, le peuple congolais doit questionner chacun des ses fils, quel qu’il soit, nonobstant sa fonction, sa qualité. « Qu’as-tu fait pour ton pays, le Congo ? ». Cette question toute simple, nous permettra d’approfondir notre réflexion sur le devenir de notre pays, du choix des hommes capables d’animer nos structures suivant des critères objectifs et efficients.
Bien entendu, laissons pour le moment, l’histoire répondre à la face noire de la même question « Quels délits et crimes as-tu perpétré contre ton pays ? »
Roger MAYOLA |